Une partie de dés ?

Pour se forger une identité, il faut accéder au symbolique, là où siège le « Je ». Pour atteindre le symbolique, il faut accéder au langage. Le langage nous permet de communiquer, d’interagir avec l’Autre. Cela entraîne une opposition avec l’Autre, qui nous permet de nous définir en tant qu’individu, au travers du « Je ». Ce « Je » est une partie du « Moi », contenu dans l’imaginaire. Celui-ci est une représentation parfaite de nous-même, un fantasme de ce que nous devrions être.

Pourquoi je vous récite ça alors qu’on l’a tous vu en cours ? Et bien parce que je pense qu’il y a quelque chose au delà de tout ça, un langage qui passe outre la pensée lacanienne que je viens de vous présenter. Je vous laisse cinq minutes pour y penser si vous le voulez. Je parle d’un langage bien présent dans le symbolique, mais qui ne renvoie à rien qui ne soit réel, et pourtant qui nous en rapproche plus que tout autre langage, ou tout du moins peut nous aider à le comprendre. Trop de suspense ? Je veux vous parler des mathématiques.

Les mathématiques sont un langage, fait uniquement de symboles. Il est impossible de le parler, de le lire, et pourtant il est possible de le comprendre. Ce langage, au contraire de tous les autres, ne nous permet pas de nous opposer aux autres. Il nous permet selon moi de communiquer et de nous rapprocher de la Nature. J’entends par « Nature » l’intégralité de ce qui existe dans notre univers.

Il est évident que les mathématiques s’inscrivent dans le symbolique : celles-ci ne sont faites que de signes abstraits, de dessins et de structures. Je souhaitais en parler car tout ce qui est écrit dans les mathématiques ne renvoient à rien de réel, tout n’y est qu’abstraction. Et pourtant, ce sont celles-ci qui nous permettent de comprendre les réalités du monde, et qui nous rapprochent par conséquent le plus du réel. Ici, le symbolique n’est pas une carte posée sur le réel, puisqu’elle ne peut rien recouvrir, étant donné qu’elle ne correspond à rien.

Qu’en est-il de l’imaginaire ? L’imaginaire est censée faire la transition entre le symbolique et le réel, par le biais d’images. Cependant, les mathématiques ne font l’objet d’aucune image, celles-ci sont impossibles à visualiser. Il n’existe pas de mathématiques fantasmées, parfaites. L’imaginaire est de plus le siège de notre individualité, comment retrouver celle-ci au sein des mathématiques ? Est-il possible pour quelqu’un de se définir en tant que sujet, uniquement par les mathématiques ? Y’a-t-il une entité qui, au sens lacanien, possèderait un « Moi », inscrit dans l’imaginaire des mathématiques ? Je pense qu’on peut parler d’une sorte de dieu. Car si Dieu existe, pourquoi la psychanalyse ne fonctionnerait-elle pas sur lui ?  Dans ce cas, quelle aurait été son stade du miroir ? Comment cet événement se serait-il manifesté ? Le Big Bang peut-être ? Le moment auquel Dieu s’aperçoit de qui il est, sachant qu’il est tout, aurait pu entraîner un déclic.

Je pars peut-être loin, mais la question de Dieu est une question qui me taraude beaucoup en ce moment, et le cours de ce matin m’a fait réfléchir à ça, et je trouvais intéressant et pour tout dire amusant de mêler Lacan à mes réflexions personnelles. Ca n’a peut-être pas grand rapport avec la communication de masse, mais ça en a avec le cours, donc je pense pouvoir en parler ici.

 

 

Publicités
Une partie de dés ?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s