Une mystérieuse start up vient de voir le jour sur internet. Google et une entreprise chinoise nommée Alibaba y auraient déjà investi 1.4 milliard de dollars. Son non ? Magic Leap. Il s’agit d’une entreprise qui souhaite commercialiser un étrange objet appelé « verre photonique ». Ceux ci serviraient à projeter des images dans notre cerveau, qui seraient confondues avec ce que vos yeux verraient vraiment. Ca y est, c’est le futur.

Je trouve ça vraiment effrayant. Alors certes c’est une prouesse technologique majeure, mais il y a un mais. Nous vivons dans un monde où ce sont les médias qui doivent faire réfléchir les gens, plus personne ne réfléchit. Et en plus on veut rajouter une réalité par dessus cela, qu’on risque de confondre avec le vrai monde de la réalité véritable en plus de ça ! On n’est déjà pas capables de se rendre compte qu’on est manipulés, alors imaginez, si on pouvait vous envoyer des images directement dans la rétine, sans que vous sachiez si ce que vous voyez est réel ou pas ? On souhaite encore rajouter une réalité à l’hyperréalité, ça fait quand même peur ! Il faudrait qu’on sache ouvrir les yeux avant de vouloir s’en greffer des nouveaux.

Je m’emporte peut-être pour rien, mais je trouve a dingue de développer des technologies qui permettront peut-être à terme de nous  contrôler encore plus. Parce que, je vois pas vraiment l’intérêt de verres qui peuvent afficher des choses très réalistes sur nos yeux. Peut-être pour simuler des hallucination je ne sais pas. Je passe peut-être pour un rageux mais je ne comprends pas pourquoi tout le monde s’émerveille devant ça alors que, ben voilà quoi, je pense que ça sert à rien..

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L’antre enneigée.

Cet article est un prolongement de mon précédent article sur la surveillance. En effet, j’ai continué à y réfléchir, et c’est un sujet qui me passionne. Je me suis demandé ce qui poussait vraiment les gens à tweeter, poster des photos sur Facebook, etc.. On est tous d’accord que c’est pour montrer à tous qu’on est les plus beaux, bla bla bla on connaît la chanson. Pour continuer à parler de Lacan : au sens lacanien, je pense qu’on peut dire qu’on se propose soit même comme objet a, afin de se poser comme cause du fantasme des autres. Sauf que cela reste un fantasme. On se pose donc comme objet a afin de se rapprocher du fantasme d’être apprécié, de valoir mieux que les autres. Les autres sont donc un objet a pour nous-même, créant un cercle vicieux qui nous pousse à publier toujours plus, et toujours plus. On crée un désir chez les autres pour légitimer notre propre désir.

Et après, quand on explique aux gens qu’ils sont très probablement observés, ceux ci nous répondent qu’ils n’ont rien à cacher. Sauf qu’affirmer qu’on se moque du droit à la vie privez parce qu’on a rien à cacher revient à déclarer qu’on n’a rien à faire de la liberté d’expression parce qu’on n’a rien à dire, disait Edward Snowden.

Oui mais bon, c’est quand même pour assurer notre sécurité ! Au moins, on peut arrêter les terroristes ! Oui, mais non. Ce n’est peut-être qu’une impression personnelle, mais la majorité des personnes commettant attentats, tueries… semblaient être déjà fichés par les services de renseignement. Je pense que la surveillance a plus un but économique que sécuritaire. Je me sens personnellement plus observé quand je reçois une pub d’Amazon pour acheter ce que j’ai recherché la veille, que lorsque j’envoie un mail à mes parents. D’une pierre deux coups donc. Non seulement on se sert de la surveillance pour vendre, et en faisant croire que cela sert à la sécurité, on peut manipuler le peuple et le garder sous contrôle. Car la sécurité est l’inverse de la liberté. Et un état qui prime la sécurité au détriment de tout le reste, c’est un état policier, c’est tout.

Benjamin Franklin disait : « Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux. ». Sachant que notre société privilégie de plus en plus la sécurité, il serait temps de nous bouger pour récupérer notre liberté. Et puis, si un jour nous n’avons plus ni liberté, ni sécurité, que nous restera-t-il ?

 

 

L’antre enneigée.

Une partie de dés ?

Pour se forger une identité, il faut accéder au symbolique, là où siège le « Je ». Pour atteindre le symbolique, il faut accéder au langage. Le langage nous permet de communiquer, d’interagir avec l’Autre. Cela entraîne une opposition avec l’Autre, qui nous permet de nous définir en tant qu’individu, au travers du « Je ». Ce « Je » est une partie du « Moi », contenu dans l’imaginaire. Celui-ci est une représentation parfaite de nous-même, un fantasme de ce que nous devrions être.

Pourquoi je vous récite ça alors qu’on l’a tous vu en cours ? Et bien parce que je pense qu’il y a quelque chose au delà de tout ça, un langage qui passe outre la pensée lacanienne que je viens de vous présenter. Je vous laisse cinq minutes pour y penser si vous le voulez. Je parle d’un langage bien présent dans le symbolique, mais qui ne renvoie à rien qui ne soit réel, et pourtant qui nous en rapproche plus que tout autre langage, ou tout du moins peut nous aider à le comprendre. Trop de suspense ? Je veux vous parler des mathématiques.

Les mathématiques sont un langage, fait uniquement de symboles. Il est impossible de le parler, de le lire, et pourtant il est possible de le comprendre. Ce langage, au contraire de tous les autres, ne nous permet pas de nous opposer aux autres. Il nous permet selon moi de communiquer et de nous rapprocher de la Nature. J’entends par « Nature » l’intégralité de ce qui existe dans notre univers.

Il est évident que les mathématiques s’inscrivent dans le symbolique : celles-ci ne sont faites que de signes abstraits, de dessins et de structures. Je souhaitais en parler car tout ce qui est écrit dans les mathématiques ne renvoient à rien de réel, tout n’y est qu’abstraction. Et pourtant, ce sont celles-ci qui nous permettent de comprendre les réalités du monde, et qui nous rapprochent par conséquent le plus du réel. Ici, le symbolique n’est pas une carte posée sur le réel, puisqu’elle ne peut rien recouvrir, étant donné qu’elle ne correspond à rien.

Qu’en est-il de l’imaginaire ? L’imaginaire est censée faire la transition entre le symbolique et le réel, par le biais d’images. Cependant, les mathématiques ne font l’objet d’aucune image, celles-ci sont impossibles à visualiser. Il n’existe pas de mathématiques fantasmées, parfaites. L’imaginaire est de plus le siège de notre individualité, comment retrouver celle-ci au sein des mathématiques ? Est-il possible pour quelqu’un de se définir en tant que sujet, uniquement par les mathématiques ? Y’a-t-il une entité qui, au sens lacanien, possèderait un « Moi », inscrit dans l’imaginaire des mathématiques ? Je pense qu’on peut parler d’une sorte de dieu. Car si Dieu existe, pourquoi la psychanalyse ne fonctionnerait-elle pas sur lui ?  Dans ce cas, quelle aurait été son stade du miroir ? Comment cet événement se serait-il manifesté ? Le Big Bang peut-être ? Le moment auquel Dieu s’aperçoit de qui il est, sachant qu’il est tout, aurait pu entraîner un déclic.

Je pars peut-être loin, mais la question de Dieu est une question qui me taraude beaucoup en ce moment, et le cours de ce matin m’a fait réfléchir à ça, et je trouvais intéressant et pour tout dire amusant de mêler Lacan à mes réflexions personnelles. Ca n’a peut-être pas grand rapport avec la communication de masse, mais ça en a avec le cours, donc je pense pouvoir en parler ici.

 

 

Une partie de dés ?

Regardez moi !

Certaines personnes partagent tout sur les réseaux sociaux. Il est alors facile de les observer, sans même que ce soit contre leur gré. Peut-on parler de surveillance dans ce cas, étant donné que c’est fait avec l’autorisation implicite de certains d’entre nous ? Pour les autres, moins « extrêmes » sur les réseaux sociaux, qui s’en servent pour communiquer, je pense que la plupart d’entre eux ne se posent pas la question d’être observés, car au final, on n’a rien à cacher ! Ce que je trouve étrange, c’est qu’avant l’arrivée d’Internet, le fait d’être surveillé effrayait tout le monde. Je me demande comment on est passé d’une société effrayée par la surveillance à une société scrutée en permanence mais qui n’a pas l’air de s’en soucier.

Selon certains, la surveillance assure la discipline : on surveille les gens pour qu’ils se sachent observés, et ne commettent pas d’actes illégaux. C’est le principe du panoptisme de Michel Foucault, tout voir sans être vu. Je pense qu’on s’est basé sur ce postulat pour nous faire croire que la surveillance était pour notre bien. La plupart des gens, à juste titre, préfèrent selon moi être surveillés plutôt que voir trois policiers à chaque coin de rue. Je pense que ce phénomène est une preuve que nous sommes passés d’une société disciplinaire à une société de contrôle : on préfère contrôler que rien ne se passe plutôt que punir les individus qui enfreignent ma loi. Alors certes mieux vaut prévenir que guérir, mais bon, faut-il mettre notre vie privée dans l’équation ?

Les récents événements poussent les gouvernements à prendre des mesures de plus en plus strictes par rapport à la surveillance. J’ai parfois l’impression que la menace terroriste sert de prétexte pour nous surveiller. Le problème est qu’à terme, si la surveillance devient trop omniprésente, c’est l’autocensure qui guette notre internet. Car c’est sur Internet que la liberté d’expression se montre sous tout son jour. Ce n’est donc pas notre vie privée qui risque d’y passer, mais bien notre liberté.

 

 

 

 

Regardez moi !

Pour rendre au crépuscule la beauté des aurores.

Dans une société, chacun a sa place, et on a envie de dire : « Place aux jeunes ».

Je pense que la plupart d’entre nous est tombée sur cet article de Konbini : »Les jeunes du XXIe siècle changent le visage de la société de consommation » C’est donc à mon tour de parler de la jeunesse, pour faire suite à mes camarades des blogs « Un brin de jugeote » et « Je dis ça je dis rien, mais je le dis quand même ».

Alors oui on est contents, on est des rebelles, on nique le système parce qu’on consomme moins. Mais il faudrait peut-être nuancer tout ça. Je pense que le fait que nos parents soient justement issus de cette surconsommation nous aide à nous en détacher. La belle cuisine, la belle télé, la voiture : tout ça, ce sont nos parents qui les ont achetés, pas nous, mais nous en profitons quand même. On peut dire qu’on consomme par leur intermédiaire. C’est sûr, on aime tous aller en festival, partir en voyage tout ça tout ça. Mais bon, pour la plupart d’entre nous, on part avec la voiture que Papa ou Maman nous ont gentiment prêté. Ils nous prêtent la voiture qu’ils ont payé, et nous, on paye le festoche et la bouffe. Et tout ça, forcément, ça se retrouve dans les statistiques. On note quand même une augmentation de la consommation de biens matériels, même si celle-ci est dépassé par celle des services. Donc oui certes on aime aller voir des concerts, mais on aime bien aussi avoir notre téléphone, notre appareil photo et tout l’attirail ! Il ne faut pas se voiler la face ! Et puis, au final, les signes extérieurs de richesse, ce ne sont plus la télé ou la voiture, mais les photos du concert qu’on met sur Facebook. Mais bon, ça c’est un autre débat, pour un autre article !

Je trouve ça étrange également que cette tendance à acheter des services ne soit apparue qu’à partir de 2012, à croire qu’en 4 ans, la jeunesse a subitement eu envie de dépenser plus en loisirs. J’ai beau y réfléchir, je ne vois pas ce qui a pu changer dans les mentalités à partir de ce moment là. Je me voile peut-être la face, mais pour moi, la jeunesse a toujours eu envie de s’amuser, voyager… On est jeunes et cons après tout. Je pense qu’à nos âges, nos parents souhaitaient également s’amuser, être libres, être jeunes quoi. Cela renforce cette incompréhension de l’incompréhension : pourquoi les jeunes sont-ils tellement détestés de nos jours ?

Et pourtant en écrivant ça, je pense déjà à toutes ces réflexions sur Twitter à propos de ceux qu’on appelle les 2000, contre qui il semble y avoir une haine généralisée de la part des 1990. Peut-être que ce conflit de générations est voué à continuer, encore et encore.

 

Les liens vers les articles de Konbini et de mes collègues :

http://www.konbini.com/fr/tendances-2/jeunes-millennials-economie-biens/

https://unbrindejugeote.wordpress.com/2016/03/01/generation-pourquoi/

https://jedisajedisrienmaisjeledisquandmme.wordpress.com/2016/03/06/47/

 

 

 

Pour rendre au crépuscule la beauté des aurores.

« Lorsque tout le monde sera super, plus personne ne le sera. »

Ce post est à propos d’un article trop mignon paru sur 20minutes.fr, si vous voulez le lire avant, c’est par ici : http://www.20minutes.fr/insolite/1786135-20160213-saint-valentin-achete-900-fleurs-offrir-chaque-fille-lycee

« Heureux et amoureux, Hayden Godfrey a décidé de jouer les anges de l’amour. » C’est ainsi que commence un article de 20 Minutes. En cette veille de Saint-Valentin, au moment où j’écris cet article, un jeune américain a acheté une fleur pour chaque fille de son lycée, afin d’ «épargner à chacune la tristesse de ne recevoir aucune attention le jour de la fête des amoureux. »

Geste louable, soi-disant, mais pour moi, il y a un problème. Offrir des fleurs à quelqu’un pour lui donner l’impression qu’on a pensé à elle est complètement idiot. Prenons le cas d’une fille célibataire, qui reçoit une fleur de ce garçon. Celle-ci n’a eu que l’illusion d’une attention portée pour elle, alors que c’était vers toutes les filles en général. Ce garçon n’a fait que créer une action de masse, ayant pour but de créer une illusion de bonheur auprès de ces filles ? Ces filles, qui de surcroît, n’avaient rien demandé, et qui auraient pu recevoir un présent de n’importe qui d’autre. Sympa de dire : « tiens, une fleur parce que je suis sûr que personne ne t’en offrira. ».

« Ouais mais pourquoi il nous parle de ça, c’est beau ce qu’il a fait. Il rage parce qu’il est tout seul pour la Saint-Valentin !  »

Et non. Cet article, apparemment anodin, est pour moi un excellent moyen de faire un lien avec ce cours que nous avons reçu à propos de.. Ben de pas mal de trucs en fait. Premièrement, la société de consommation / spectacle. La fleur, dans cet exemple, est devenue, comme tout objet en général l’incarnation du bonheur, l’objet que tout le monde est content d’avoir en sa possession, et est donc devenu, comme l’attendait Baudrillard, une source de bonheur. Mais de cette fleur, qu’est -ce qui en restera ? L’impression d’avoir compté pour quelqu’un pendant une journée, voire moins. Si on veut continuer sur Baudrillard, on peut soutenir que le fait d’offrir des fleurs est une simulation, entraînant les réactions heureuses de ces jeunes filles, qui deviennent un simulacre du bonheur. Ici, la version médiatique de la réalité est créée par le bon-samaritain, qui devient le médiateur de cette hyperréalité.

Cette médiation a également été créée à une autre échelle. L’article nous apprend qu’Hayden a reçu l’aide d’une vingtaine d’étudiants pour arriver à un tel résultat. Il y a donc une distance de plus entre lui et ses « clientes », détruisant selon moi son attention de base. S’il avait vraiment voulu être sincère, je pense qu’il aurait pu tout faire lui même, sans intermédiaire pour le distancier du vrai résultat de son geste. Il a créé une vraie usine, et réussi à marchandiser le bonheur au sein de son lycée.

La période de la Saint-Valentin est une période exceptionnelle pour parler de société de consommation, et de société du spectacle. On peut considérer la Saint-Valentin comme un spectacle selon la définition de Guy Debord. On nous « oblige » à être en couple, à faire des cadeaux et à en recevoir. Au final, s’il n’y avait pas de Saint-Valentin, personne ne se dirait « Oh mon Dieu, je n’ai personne à qui offrir, quelle triste vie je mène ! » On constate une certaine aliénation : on se sent obligé d’être en couple le jour de la Saint-Valentin, mais pas les autres jours. Ce sont donc des idées qui nous sont inculquées par la société.

Cet article me permet également de glisser quelques mots à propos de l’école de Francfort. Celle-ci affirme que les médias détruisent la subjectivité humaine. Si on continue l’analogie entre Hayden Godfrey et les médias, on peut dire que par son geste, l’adolescent a généralisé le fait de recevoir une fleur, détruisant ainsi le caractère « unique » d’un tel cadeau. Il a donc perverti, au sein de son lycée, le geste d’offrir, en le sérialisant, dans le but d’offrir du bonheur au plus grand nombre.

Si on veut partir encore plus loin, on peut dire que ce gars, par son geste magnifique, a créé une concurrence envers les autres garçons de son lycée, qui eux n’ont eu aucun moyen de se faire bien voir, et a donc pris la place de cette classe dominante, employant des individus, afin de faire fonctionner une machine capitaliste, le tout dans le contexte relativement clos qu’est le lycée.

Au final, son geste a quand même fait mouche. Il a reçu de nombreux messages de remerciements, l’illusion est totale. Au final, tout le monde a reçu le même cadeau. Dans ce cas, c’est comme si personne ne l’avait reçu. Hayden Godfrey est un ange de l’amour, tout comme les médias sont les anges de la culture, et les industries les anges du bonheur.

Edit : Je suis tombé sur ça juste après avoir posté, je trouvais ça drôle et en rapport, du coup, je pose ça là. Et bonne Saint-Valentin à tous !Sans titre 1.jpg

« Lorsque tout le monde sera super, plus personne ne le sera. »

Le roi et ses pairs ont enfermé la reine à bord d’un bateau de plomb.

Oui, je télécharge, et alors ? Je me cultive, c’est tout. En effet, ceux qui téléchargent peuvent être considérés comme ceux qui consomment ces produits culturels. Celui qui ne regarde pas de films n’en télécharge pas, c’est évident. Ce sont ceux qui téléchargent, et donc se cultivent, qui sont présents aux concerts, au cinéma etc. Même si on vous « vole », au final, notre argent finit quand même dans vos poches. Je ne vais pas vous répéter le contenu de l’épisode 5 de Data Gueule, que mon collègue WrangOnswer a justement joint à son article.

Je vais beaucoup parler de musique dans cet article, c’est un sujet qui me tient à cœur.

Depuis l’arrivée d’Internet, il est très facile de découvrir un artiste, même sans télécharger. Il est également très facile de se procurer une discographie complète. Mais une chose ne se pirate pas : la place de concert. Je parle de mon expérience personnelle, et j’imagine qu’il en est de même pour beaucoup d’entre vous, mais la très grande majorité des artistes que j’ai eu la chance de voir en live, je les ai découverts grâce à Internet. Et puis, rien ne nous empêche après avoir téléchargé d’acheter l’œuvre physique. J’ai d’ailleurs une liste longue comme le bras d’albums à acheter, alors que je les ai écoutés ! Et puis, quand on voit le nombre d’abonnements Deezer, Spotify…, ainsi que les bénéfices de l’iTunes Store, je pense qu’on peut dire que les maisons de disques sont plutôt à l’abri. Les profits de l’industrie du cinéma sont également en hausse, malgré une hausse énorme du prix de la place de cinéma. On peut dire qu’on l’a cherchée, cette augmentation. Mais bon, certaines personnes la subissent, sans être « responsable ».

Évidemment, certaines personnes ne font que télécharger, sans acheter. Sont-ils à blâmer ? Je ne pense pas que les pirates se targuent d’être anti-capitalistes. On ne télécharge pas pour détruire le système, puisqu’on télécharge pour consommer. On télécharge des films pour les voir, de la musique pour l’écouter. Qu’adviendrait-il de nous si ces produits culturels dont nous raffolons viennent à disparaître par notre faute ? Si nous avons la conscience tranquille, c’est qu’il n’y a pas vraiment de risques. Samuel Butler disait :

« L’honnêteté ne consiste pas à ne jamais voler, mais à savoir jusqu’à quel point on peut voler, et comment faire bon usage de ce qu’on vole. »

Malgré les évidences, les gouvernements/industries continuent de combattre le piratage, ce qui ne semble effrayer personne. On est face à un paradoxe : nous alimentons la machine en consommant la culture, mais on cherche à nous en empêcher. Pourquoi nous interdit-on l’accès à cette culture infinie et disponible ? Cherche-t-on à nous abrutir ? La vraie bêtise serait de ne pas profiter de cette culture et de se soumettre à ces lois.

Le roi et ses pairs ont enfermé la reine à bord d’un bateau de plomb.